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 rien. derien. rien de rien. (keaton)

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MessageSujet: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Ven 13 Fév - 18:46

Elle sait bien qu'il est encore là. "M'attendez pas", elle leur a dit, à May et Toby, quand ils sont partis. Le regard lumineux, le sourire radieux. Yahia est restée sur la plage, à guetter. Elle a enfilé un paréo aux imprimés psyché pour se protéger de la fraicheur qui tombe, pour attendre en paix qu'ils sortent de l'eau et qu'ils convergent dans sa direction en repartant. C'est pas comme si elle les avait pas vus, les loubards qu'elle va rejoindre parfois Juste comme ça, parce qu'elle en a envie. Puis parce qu'elle sait qu'elle en a le droit. Qu'elle se le donne, et qu'il le lui reprend pas. La nuit commence à tomber, elle fouille dans le sable du bout du pied, pousse un soupir. Le ciel bleu est tout dilué, il devient orange, rouge, rose. Elle s'y noie, s'y plonge en pensée, et ses pensées, elle les laisse dériver, s'assoit par terre, sur sa planche colorée. Le temps file et a encore moins d'importance que d'habitude. Elle les entend à peine les pas qui se rapprochent doucement, qui foulent le sable dans un murmure poétique. Les voix qui les accompagnent, elle les connait. Elle les a gravées dans son esprit les fois où elle les a entendues, assise en silence à côté de Keaton. Intruse dans le déni. Un regard vers eux qui se rapprochent avec leurs planches sous le bras. Keaton le dernier, ralentit lorsqu'elle se lève. Yahia s'approche et attend que les autres aient filé pour le regarder dans les yeux, un vague sourire au coin des lèvres.
-Je savais que tu serais là, elle souffle, à mi-voix. Yahia veut rajouter que c'est pour ça qu'elle a attendu. Ca paraît trop évident pour être prononcé à voix haute. Alors elle se tait. Le regard capte les dernières gouttes qui tombent sur ses épaules, l'expression sereine du surfeur en fin de journée. Le surfeur gavé de soleil et d'eau de mer. Le surfeur qui acceptera bien cinq minutes avec elle, parce que ça fait longtemps. Ce soir elle s'incrustera pas. Ce soir elle veut l'accaparer un peu, juste un peu.
-T'as rien à faire de spécial, là, hein?, elle demande, mais il sait bien que c'est pas vraiment une question. Le rire vient confirmer les paroles, comme une injonction à rester avec elle.

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Dernière édition par Yahia Rose le Ven 13 Fév - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Ven 13 Fév - 20:18

Keaton, il ressent la caresse de l'eau tandis qu'il enchaine les duck-dive  pour rejoindre ses potes stationnés dans l'outside. Il a le regard qui se perd, parfois, là-bas. Sur la plage. Parce que son regard, parfois, il se perd sur elle. Elle y est, Yahia. Il lui lance des œillades appuyées en faisant genre. Genre. Genre, il n'en a strictement rien à cirer. Pourtant, les bandits qui lui servent d'acolytes l'ont remarqué. Ils le charrient, ils le pourrissent. Ils lui lâchent des remarques grivoises, font des signes obscènes, se lancent dans des séances d'mimes à deux balles. Parait qu'elle est pas une des leurs, parfois. Souvent, il s'interpose. De toute façon, il impose. De toute façon, faut aimer les deux. A deux. Ou pas aimer les deux. A deux. La fatigue leur tord les muscles, la combinaison eau-soleil leur file des airs de grands brulés, tout ce qui ressort c'est leurs gueules d'attardés, sourires fleurissants impunément sur leurs faciès de renégats. Elle est belle, le constat qui frappe, lui file des étoiles dans les mirettes. Elle. Yahia. Ils décident, en meute, ils migrent, rejoignent la terre ferme. Le sable les accueille tiède, l'astre diurne se planque. Rapide. Ils s'éloignent et, lui, il traine, il reste. Il ralentit le pas, il lui dit "viens". Si rien ne transparait vraiment sur son minois, il sait, Keaton, qu'c'est pour lui qu'elle est là. Yahia. Et, plus elle se rapproche, plus il distingue ses traits, plus il se souvient. Qu'il les apprécie, ses traits, que ses traits sont portés par Yahia. Yahia, au final, c'est elle qu'il apprécie. Apprécier comme substitutif d'un verbe qu'on préfère ne pas prononcer. Solution d'facilité. Pour les gars comme lui. Keaton il avance, claque la distance, la planche calée sous le bras. Il la sent plus, il la sent elle. Elle qui est là. Il pense qu'il savait, quelque part, qu'elle viendrait. Il veut le croire.
- Si, te suivre n'importe où- il souffle, la malice qui déflagre dans l'regard, le sourire sur les lèvres. Il va la prendre dans ses bras.
- C'est quoi le programme ?mais il ne le fait pas.Parce que. Les autres sont là, qu'ils les voient. Et que, c'est ce qui court, les mines de rien. Rien. Rien derien.
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Ven 13 Fév - 21:57

Yahia les a bien vus, les regards en coin, les sourires entendus à l'adresse de Keaton. Ils sont tous passés devant elle sans rien dire mais leur attitude est criante. Flagrante. On t'as bien cernée, Yahia. On sait pourquoi t'es là. On se doute bien, alors quoi, tu viens avec nous cette fois ? Ouais, elle a bien compris Yahia. Mais elle s'en fout. C'est à peine si ça la touche. Elle est pas là pour eux. Pas là pour se battre. Elle est là pour lui. C'est fou comme elle s'y retrouve dans cette attitude, ce regard. Yahia croyait avoir oublié son visage. Là devant lui, il est évident que non. Qu'elle ne peut pas oublier. Dernier coup d’œil aux gaillards qui continuent de surveiller de loin la petite scène qui se déroule sous leurs yeux. Ce ne sont que des retrouvailles entre amis, les gars, barrez-vous maintenant. Amis, hein. Parfois elle se dit que... et que si... mais non. Alors si elle peut pas avoir de son temps en permanence, elle lui volera quelques instants épars, comme ce soir. Où elle le vole littéralement à ses amis. Keaton la suivra n'importe où, il dit. C'est ça son plan pour la soirée. Elle dit oui. Non, elle hurle oui avec son sourire, son sourire contaminant, qui se propage jusqu'à ses yeux.
-J'espérais que tu dirais ça, elle fait simplement en ramassant sa planche, en jetant son sac sur son épaule. Là tout de suite... on a qu'à laisser tes potes s'en aller gentiment.
Clin d'oeil significatif, sans méchanceté. Yahia le prend bien, et le lui fait comprendre. C'est bon enfant. Rien ne peut gâcher le plaisir simple de se retrouver seule avec lui, seule avec ses vieilles questions. Vieilles comme leur relation.
-Et puis on pourrait se poser plus près de l'eau. J'ai deux trois plantes magiques dans mon sac à dos. Elle voit la mer s'éloigner lentement, mais elle la veut absolument à ses pieds, ne serait-ce qu'un petit peu. Yahia assure sa prise sur sa planche et attend l'approbation. Sans se lasser d'observer Keaton, sans détours, sans honte. C'est pas comme si tu ne le savais pas, Keaton. T'es beau. Beau comme le ciel, comme les fonds marins qu'elle partait explorer quand elle était gosse. C'est pas comme si tu n'avais jamais compris à quel point j'ai eu envie de pousser plus loin. Pas vrai.
-La suite ne tient qu'à toi, on a la nuit devant nous si ça te dit, même.
T'en dis quoi, bandit.

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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Sam 14 Fév - 13:03

Second océan dans lequel il aime bien plonger, celui d'son regard, à elle. Il hoche la tête, se fait violence pour ne pas se ruer sur ses potes qui lui filent de sacrées envies d'massacre. Il en aurait deux ou trois auxquels fracasser l'crâne avec sa planche. Mais, il n'irait pas la   foutre en l'air pour ces noobs de compète. Il inspire, se concentre sur les constellations qu'il arrive encore à retrouver sur ses pommettes. Il y voit de quoi s'orienter, dans la nuit qui commence à prendre part à leurs retrouvailles. Il a quand même l'rictus canaille qui lui écorche les joues. Zygomatiques en fonctionnement maximal. Yahia. Il soupire, essuie les dernières gouttes qui se perdent dans le creux de ses yeux , s'apprête à discipliner la chevelure molestée par l'eau, le sel qu'il sent , reliquat de son excursion dans la mer. Il les entend chuchoter, attrape à la volée des bribes d'paroles déplacées. Parce qu'ils n'ont aucune intention d'bouger sans l'embarquer dans leur sillage. La norme. Pourquoi vouloir tout envoyer valser ? Pourquoi se rebeller ? La meute l'attend, elle le lui fait comprendre, adios toute subtilité, pas besoin d'artifices. Il pense qu'ils sont chiants, les teubs.
-s'ont l'air d'vouloir prendre racine – lache-t-il, risquant un regard sur les gars qui se sont déjà emparés de leurs serviettes et se frictionnent avec lenteur. Pas le moins du monde pressés. Étrange, ils étaient affamés et ne parlaient que d'bouffe, au large. Comme quoi. Suffit qu'une gonzesse passe dans le coin pour que les loups soient en rut. Je m'en occupe.
Il leur fait signe. Partez sans moi. Ils insistent. Un brin. Bien plus pour lui casser les burnes que par réel ennui. Ils sont pas bien méchants, en général. Pas bien suspicieux. Faut les connaître. Faut les comprendre. Il y a quand même l'autre qui du bout des lèvres lui lance un « baise » et auquel, il riposte par un gracieux doigt d'honneur, le majeur qui s'agite dans l'air, voix de la liberté et du  va t'faire foutre.
Il lâche sa planche. S'éloigne après un regard pour la belle. Il récupère ses effets, échange quelques mots. Ils s'en vont chez Joe. Parait qu'il a intérêt à les rejoindre après qu'il aura fait ce qu'il a à faire. Il finit en leur crachant un 'c'bon, tirez vous'. Et revient auprès de son enjôleuse, la sirène à la chevelure d'or.
-Parait qu'on a la nuit devant nous, on y va ? Mouvement de tête engageant, regard qui l'est davantage, peut-être un peu trop, bougrement. Il lui enverrait bien sa main, en lui demandant de la prendre, de le faire sans se soucier de rien. Parce que. Il ouvre la marche, soucieux, il s'adapte, épouse la cadence yahienne. Comme un rien. Il sait qu'au fond, ils s'imbriqueraient bien. Mais le fond, on y pense pas.hein.

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Dernière édition par Keaton Manning le Sam 14 Fév - 15:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Sam 14 Fév - 15:18

-Ça a l'air dur de t'laisser partir, faut que j'fasse attention. Les mots glissent jusqu'à lui, pas sûr qu'il les ait entendus. Y'a d'autres paroles qui viennent percuter leurs oreilles, interférer avec les siennes. Pendant un instant, elle croit voir une pointe d'agacement gâcher la perfection de son homme d'un soir. Yahia voudrait l'effacer, tendre les doigts vers lui, le frôler, lui dire: C'est pas grave, laisse les. Ils font attention eux aussi. Toujours, toujours faire attention. On frôle l'hystérie rien qu'en te retrouvant. On pourrait friser la folie en te quittant. Paraît que c'est comme ça à chaque fois, à croire qu'elle a préféré oublier ce menu détail, quitte à se brûler les doigts. Manning s'éloigne un instant, va causer à la bande qui n'a pas bougé d'un pouce. Elle les observe. Elle les décrypte. Les comprend. Ce n'sont que des voyous, des bandits, de bons amis. Rien de plus, rien de moins, quelque part elle apprécie. Flatterie facile. Yahia frissonne. Sa peau gorgée de soleil commence a manquer de chaleur. D'un peu de douceur. Elle capte des mots, des regards dans le groupe au loin, surveille le retour du blond avec toujours ce même demi sourire et amorce déjà la descente vers l'océan quand il revient vers elle. Donne moi ta main, voyou.
-Jusqu'où on irait, hein ? elle demande, taquine. Cajolerie joliment dissimulée dans le ton de sa voix, à peine voilée. Sa planche l'encombre, celle de Keaton aussi. Ça accentue la distance qu'elle voudrait plus réduite. Réduite à zéro, ouais. N'importe où, c'est jusqu'où ? Yahia veut tester. Yahia veut les mettre à l'épreuve. Se prouver à elle, et puis à lui, qu'ils ont raté le coche. Que la chance n'a pas été saisie. Tant pis. Mais Yahia: rien n'est à prouver. Elle pose sa planche et décrète en silence que c'est d'ici qu'ils profiteront de la vue. De la nuit qui tombe. Des murmures partagés, autant de souvenirs qu'ils garderont pour plus tard, auxquels elle repensera avec des étoiles dans les yeux. Pour sûr qu'elle le reverra pas de sitôt. Parce que, c'est comme ça. C'est toujours comme ça. Yahia pose son derche dans le sable encore chaud et dégaine le nécessaire à rouler. Ça va vite, ça pue l'habitude, le premier joint de sa journée commence déjà à prendre forme entre ses doigts. Yahia cale le pétard entre ses lèvres. Lèvres salées. Premières taffes rédemptrices, qui lui file de nouveaux frissons. Matérialisés par une chair de poule prononcée. Enfin elle peut reporter toute son attention sur Keaton. Son regard passe de l'océan de ses yeux à ses mains, en s'attardant sur la courbe de sa nuque, de ses épaules, sur les petits motifs blanchâtres qui décorent sa peau bronzée. Ses doigts viennent effacer les traces de sel. Réduire en poussière les petits continents bien délimités que l'eau de mer lui a laissés. Excuse à peine avouable pour le toucher. L'air canaille sur son visage vient confirmer ses doutes, si doutes il y avait. Yahia accroche le regard pour ne plus le lâcher.
-Ils m'en voudront pas de t'avoir volé, ça fait au moins trois ans que je l'ai pas fait. C'est vrai, ça fait longtemps. Elle exagère à peine, dans sa tête des millions d'étoiles se sont éteintes entre temps. Il lui en a fallu des jours pour ne plus penser à la dernière fois, pour digérer la défaite et revenir enfin vers lui. C'est dommage. Mais la voilà. Là. Avec lui. Et leur rien habituel. Un peu frustrant. Elle tire doucement, deux, trois taffes et fait passer à son voisin.
-Bon voyage, elle fait en riant.

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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Sam 14 Fév - 20:49

Il irait bien jusqu'au bout. Au bout de quoi, il élude, Keaton, il dissimule les pensées qui dérivent, emportées par l'air chargé d'embrun, par les vagues qui s'en vont au loin. Il déglutit, se mord l'intérieur de la joue. Il irait. Peut-être là. Ce coin où il n'est jamais allé, pas avec elle, du moins. Il passe une main sur sa nuque, le sourire kidnappant incessamment ses lèvres, traître sourire qui le fait paraître si « ... », trop « … », pas assez « ... ». Les mots qui manquent. N'importe où, c'est jusqu'à. Il sait pas, Keaton, ça le gêne, ça le freine. Pas dans ses habitudes de manquer. De rater. De ne pas saisir, ce qui est à sa portée. Il lui lance des regards, se désiste sans résister. Il finit à nouveau par revenir, le perdre sur ses jolis traits, regard de merde. Il retient tout, Keaton, le cœur qui s'affole, le sang qui bat contre ses tempes, la sensation, celle d'être pleinement conscient. Conscient de sa propre existence, surtout de la sienne. Être capable de ressentir la chaleur qu'elle émet, vouloir s'en approcher. Instinctivement. S'en rendre compte. Keaton, il remarque qu'il abat les mètres, entre eux, qu'il les réduit aux centimètres désastreux. Il veut du millimètre puis. Puis, ne faire qu'un. Il le pense, au fond, il refoule, en forme. Tout. Absolument tout. Il la voit, cette mèche rebelle.
Jusqu'au crépuscule , il le souffle à peine.à.peine.
Pour marquer le coup. Pour graver l'instant, savoir un seul instant. L'oublier le moment d'après. Faux, juste le planquer quelque part, dans la caboche pour le ressortir pendant les creux de l'existence. Yahia. Il observe, toujours du coin de l’œil, ses tifs virevolter, animés par la brise nocturne, cet air qui devient frais et qui semble conspirer contre eux. Rapprochez-vous. Les planches se posent dans un murmure. Les séants se retrouvent à caresser les grès. Ils sont si proches, se savent pourtant si éloignés. Des occasions ratées, une succession d'heures volées. Ils flouent le temps, la vie, l'espace. Ils lui disent « ché ». Enfoncé, là, il aimerait ne pas bouger, que tout se fige sauf la mer qui s'étend. Sauf. Sauf eux. Deux. Keaton, il frissonne, sa peau le vend, il s'abandonne à son toucher, se prend en flag d'en vouloir plus. Il se détend, sous ses doigts, il en redemande, sans prononcer. Ça ne se prononce pas. Ça se ressent, là. Il écoute, le bruit de l'eau agitée, sa respiration. Il rêve de l'entendre plus saccadée. Il en crève, même. Sans l'avouer.
- Ils t'en voudront à mort, ils t'en veulent déjà – il finit dans un rire étouffé.
Il attrape, Keaton, le zdèh qu'elle lui tend, il laisse ses doigts s'perdre sur les siens, furtivement. Pour pas que. Que ça se voit. Que ça devienne criard.
- merci,  princesse – il a déjà les lèvres posées sur le joint. Déjà les cellules qui s'ramollissent. Et des tas d'mots qui reviennent. Il les a enfin trouvé. Ces mots lâches qui s'étaient pleinement tirés.
-T'es belle, tu sais. Il débute, sa connerie n'a plus de limite. Il peut se lancer, maintenant, Keaton. Dans des logorrhées infectes, mièvres, sans queue ni tête. J'ai l'impression que ça fait trois ans que j'attends ce voyage.
Avec toi. S'il ne le formule pas, ses yeux le crient, le hurlent. Il ose enfin, Keaton, lisser cette mèche qui se la jouait de traviole. Elle l'apaise, Yahia.
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Dim 15 Fév - 1:16

Ce crépuscule. Ou celui qui les verra mourir dans cent ans, sur cette même plage. Ou demain si c'est ce qui doit arriver. Pas de doute que c'est ce qui arrivera, Yahia. Yahia sait bien. Yahia l'sent bien. Ca lui tirera pas son sourire, ce sourire qui veut pas s'adoucir, s'flétrir. Un instant elle baisse les yeux, faudrait pas se noyer, s'abandonner dans ce regard rempli de danger. De possibilités. D'innombrables promesses qu'elle invente dans ses prunelles, faute de les trouver. L'aveugle. Elle baisse les yeux, pour (soit-disant) se mettre au boulot et rouler un truc potable. Objectif plutôt réussi, lui même l'admettra. Pas de fierté à avoir, c'est juste un putain d'entraînement qu'elle a derrière elle. Yahia fait la maligne. Elle balance une bête remarque sur les amis, le reste du gang. La gosse est foutue, reléguée au plan d'invitée occasionnelle. A croire que c'est mieux comme ça. Elle a envie de dire qu'elle dira pas pardon, ni merde. Qu'elle retournera s'imposer comme elle l'entend, quand le manque se fera sentir. Passage obligatoire, même si... dérisoire. Rien n'est important. Leur rien l'est, pourtant. Elle voudrait lui dire, se laisse enfumer par les volutes odorantes, dit adieu à toute rationalité, accueille la déchéance à bras ouverts. Celle de sa dignité arrive à grands pas, quand elle effleure la peau iodée du bout des doigts. Adieu, aussi, à la retenue.
-C'est pas leur avis qui m'importe, en fin d'compte. Ouais, c'est le tien, Keaton, qui pourrait la retenir. Y'a ce contact infime, à peine une caresse au changement de propriétaire. Le papillon qui agite l'ouragan dans ses entrailles, c'est ridicule, digne d'une gamine en plein émoi. Et c'est pas pour l'arranger, Yahia, qu'il déblatère des conneries comme ça. Elle prend le compliment avec un sourire, voudrait renchérir mais. Pour quoi dire. Deux orbes bleutés quittent celle du vis à vis et visent la fumée qui s'détache de l'obscurité, soufflée avec délicatesse à chaque mot prononcé.
-C'est que le début ; le murmure glisse comme une plume jusqu'aux oreilles dégagées de Manning. Réduit à une silhouette, une présence électrisante. Une main s'approche et vient replacer une mèche. La sienne s'élève et crochète les doigts, les entremêle bêtement. Yahia subtilise le temps d'une (longue) taffe le joint et le lui retourne. Preste, leste. Yahia s'approche. Dangereusement. Près. Elle expire la fumée à deux centimètres de ses lèvres, s'amuse de ce presque contact, de ce possible dérapage. Deux mains viennent s'opposer de chaque côté, barrage artisanal. Pas de gâchis. Pas un de plus, du moins. Soufflette improvisée, surprise du fournisseur. Sans jamais franchir le pas, doux mélange d'excitation et d'incitation à la débauche.
-Quand est-ce que tu vas enfin t'laisser aller. Qu'est-ce qui te retient ? Qui te retient ?
Sûrement pas toi, Yahia.

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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Dim 15 Fév - 17:32

Le début miroite des promesses de corps entrelacés, de contacts légers, corrompus, profonds, de danger. Il serre les mâchoires, pense, le fait de manière presque dégueulasse. Il laisse son imagination coller une baigne au réel, imagination fleurit, le fait, perceptiblement, ses pupilles s’étrécissent, il a le regard sombre, Keaton, fauve en chasse, dissimulé dans l'ombre. Sourire s'est tiré,  sérieux balaie ses traits, les fige dans une expression grave. Il ne capte pas, Keaton, la beuh lui siphonne le truc mou entre ses deux oreilles. Yahia, elle, active tous ses récepteurs pourtant, quelque part, une tige fout en rade la mécanique. Mia. Le dilemme se tire, lance un hasta la vista. La concentration comme un tour de force, dure, particulièrement dure. Yahia, faut pas me faire ça conscience lance, il s'en balance, Keaton. Il trésaille, il trépigne, l'impatience l'assassine. Détendu, il l'est plus. Yahia n'est plus sérénité mais, agitation, crispation. Entêtement. Yahia est tension, Yahia source et, putain, il a soif, Keaton. Il tique, ne quitte pas l'azul de ses yeux, pas une seule seconde, sent les remparts jouer les pétochards. - ah bon ? Il articule, déglutit, avec toutes les peines du monde, s'sent devenir cartilagineux. S'sent devenir. Fébrilité qui joue les troubles fête. Il se laisse faire dans un état quasi second, pousse un soupire de satisfaction tandis qu'il entrouvre ses lèvres sans une seule fois cligner des paupières. Il veut profiter de cette vision éphémère qui s'offre à lui audacieusement. La distance gît, paix en son âme. Aucun remord ne pointe, profite, Keat. Profite ,  conscience chiale. Et son démon intérieur, bestiole s'agite, tourne, marre d'cette cage. Yahia, ses lèvres sanguines qui se présentent à lui. Coucou, lèvres. Naturellement, sans réfléchir, ses mains s'affairent. L'une se perd dans la longue chevelure blonde qui lui encadre la fiole tandis que l'autre, roublarde, perdu dans le dos de la belle, semble serpenter sur la peau chaude,en direction des reins. Main s'arrête. Pourtant, cerveau fonctionne plus. Plus du tout. Profite. Keaton, il perd la boule. Il hume ses exhalations amènes. Yahia qui se tortille, défi qu'il aimerait relever, littéralement. - plus.rien - il chuchote alors qu'il détruit toute distance sans plus tarder, parce qu'il le veut, trop, hargneusement, depuis des années. Crash spatial, deux fusées, murmure passé, aveu confirmé, force et douceur. L'abandon parfait. Il s'accroche à elle, réservoir à oxygène, avec désespoir, sans aucune gêne. On lui a appris à prendre. A rien gâcher. Et, à cet instant, dans ce ballet de chair, de suffocation, de coup et de riposte, il réapprend. Yahia. Il ne pense plus. Il vit. Pleinement.
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Dim 15 Fév - 22:00

Elle le capte ce moment précis où il laisse tomber. Où il baisse les bras. C'était jamais l'moment, elle sait. Elle devine. Puis peut-être même que ça l'est toujours pas mais. Et alors. Yahia balaye ses dernières réticences à deux centimètres de son visage. Savoure les dernières secondes de lucidité. Et puis plus rien. T'as cédé Keaton, et j'ai. Gagné. Triomphe ronronnant de satisfaction quand l'abandon arrive enfin. Un rire léger s'échappe mais impossible de dire : moi toi lui, la mer qui s'éloigne en s'amusant du spectacle en direct live de la plage. La précision des détails se mêle à l'anarchie des respirations, des pensées. Pensées ? Quedal. Des bribes animales. Ne demeure qu'une pleine conscience de l'autre, du contact doux-amer des lèvres salées-sucrées. Salées comme l'océan. Énième vestige de la journée qui s'achève, qui meurt à l'instant même où l'envie laisse la place à un besoin viscéral. Désir immodéré, longtemps réprimé, aujourd'hui pleinement libéré. Libérée. On s'est loupés. Ratés. Molestés par des consciences un peu trop présentes, inutiles et regarde, comme c'est mieux de s'en départir. Yahia force le contact, s'laisse aller. Voudrait y croire. S'casse soudain la gueule en plein Cutback. Putain Yahia. C'était pas le moment. C'était le danger, ouais, si on avait pu le lui dire plus tôt qu'à cet instant là elle risquait de franchir un autre cap. Ouais. Elle a franchi la ligne Yahia. Grande première. Là allongée dans le sable, son regard reflète sûrement les millions de lumières qui éclaireront bientôt le ciel au dessus d'eux. Autant de témoins qui reviendront lui rappeler dans quelques jours que c'est là qu'elle s'est foirée. Yahia s'emballe. Le cœur à (des) mille. Keaton ne fait que succomber à la tentation charnelle. Si elle pouvait en dire autant. Pauvre enfant. Elle part déjà loin dans l'futur à s'imaginer que tout est possible à condition de le vouloir. La preuve.
Yahia a perdu l'fil. Elle émerge doucement, exhale les derniers râles amoureux dans le creux de l'oreille. Après des minutes ou des jours entiers. Elle sait plus trop, le nez dans le cou de l'amant encore brûlant. Le palpitant finit enfin par se calmer, par battre un rythme plus lent. Plus mesuré. Du bout du doigt, elle retrace la ligne de son sternum.
-Tu vois, c'était que le début. Et ça l'est encore, qu'elle pense. Meme quand la nuit sera finie il nous restera encore toute une vie.
Yahia parle trop, emportée par son élan. Oublie un instant qu'avec Keaton ça ne devrait pas de passer comme ça.

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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Jeu 19 Fév - 19:49

Se lancer , sans se freiner, sans filet, ouvrir les bras à l'inconnu qui fait pourtant flipper. Ne pas penser. Pas une seule fois, ni aux conséquences qui viendront , ni même aux causes qui échappent, celles qui l'ont mené là. Laisser le corps sortir de son engourdissement. Le ça l'emporter sur le surmoi, le moi abdiquer l'espace d'une communion des sens, instincts primaires en fauve. S'avouer sans s'avouer qu'une suite est espérée, avant même de se perdre entièrement. Céder à la malhonnêteté des désirs réprimés, y croire en cet instant floué au quotidien. Flou onirique, la fièvre extatique, se laisser couper le souffle, aimer le contact embrasé, se repaitre des cris étouffés, du bruissement des peaux qui se couvrent, fine pellicule de sueur, reliquat mourrant, qui s'évapore déjà. Sentir, ressentir. Trop, intensément. Envoyer au loin "soucis", l'anodin, renier, s'embrouiller, quérir l'extra-ordinaire, y déposer les lèvres, suivre les contours du bout des doigts, des paumes. S'éloigner du constat alarmant. Voir au delà. Lui dire : "pas maintenant". Pas comme ça. Yahia. Allongé, faiblesse , cette traitresse qui colle. Inspiré, quérir , chérir l'oxygène. Revenir au réel. Se dire merde. Bloquer les questionnements au porte du psyché. Pas maintenant. Pas maintenant. Se rebiffer, intérieurement. Keaton, il se mord l'intérieur de la joue, Yahia divague. Yahia. Pourtant, il l'sent, son organe noble qui s'tord, dedans. Là, pas loin des doigts de la sirène aux cheveux blonds, dans ses bras lovée.
- le début... il répète, sans grande conviction. Le début de quoi ? Le début d'une fin triste. Il détourne le regard, se fige. Il attend. Deux. Trois. Soixante putains de secondes. La minute qui bute. Remue. Se relève essayant de. De ne pas trop brusquer la nymphe.
- En ce qui me concerne, je ne vois pas au delà de cette nuit. S'improviser arracheur d'étoiles, celles planquées dans les fervents regards. Parce que. Ça fait toujours mal, au début. Le début. La fin, aussi. Il le sait, Keaton. Il se sent partagé. Il regrette sans regretter. Yahia. Il l'a rêvé, il l'a attendu. Elle lui a échappé. Et maintenant qu'il l'a eu, il doit s'en séparer. Gamin pourri qui. Qui ne pense pas assez, bizarrement. Égoïste qui. Qui à ce moment précis se sépare d'un bout de lui. Calmement. Naturellement. C'est pour son bien, hein.
 
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MessageSujet: Re: rien. derien. rien de rien. (keaton)   Ven 20 Fév - 18:39

Quelle belle connerie. Quelle. Belle. Connerie. Et puis, bien sûr, fallait qu'elle parle trop. Qu'elle laisse s'envoler les jolies idées, les « et si », les « et puis ». Et ils ne vécurent rien après cette nuit. The end. Yahia s'réveille. S'en veut. Regrette. Parce qu'elle est partie loin, là haut. Et que la chute est drôlement rude. La séparation des corps se fait en douceur. Drôle de sensation d'abandon, soudain. Yahia paumée, Yahia pas claire. Yahia qui ne sait pas se taire. Déjà la distance reprend sa place. C'était l'affaire de quelques centimètres, facile à balayer. Là, elle sait pas. Elle a l'impression qu'il est déjà parti à des kilomètres d'elle, alors qu'il est encore là. Tout près. Qu'elle pourrait encore le toucher, lui dire avec un demi sourire qu'elle rigolait. Que non, putain non, elle voit pas plus loin, que c'est pas pour elle ce genre de trucs. Ce serait qu'un foutu mensonge. Pas la peine d'essayer, il te croira pas une seule seconde Yahia. Ça s'voit. Sur son visage, dans ses yeux. Ses yeux qui fuient les siens, qui ne la regardent déjà plus. Le plus triste en fin de compte, c'est que ça n'aurait pas été un mensonge avant. Avant. Maintenant si. Et elle le sait. Et elle morfle, d'un coup. Elle replie les jambes contre elle. Les entoure de ses bras, comme pour contenir la bulle de colère qui gonfle, et qui menace d'éclater. C'est con. Parce qu'elle est surtout en colère contre elle. Pas de raison de lui en vouloir après tout. Tes intentions étaient claires blondie. T'as fait ton allumeuse. Tu l'as eu, le temps d'une nuit. Et c'est tout. C'était écrit. T'outrepasse tes droits maintenant. Yahia s'mord la lèvre. A s'en faire mal. Les yeux perdus dans le noir. La bulle enfle encore un peu. Elle s'imagine lui dire tire-toi maintenant et des bêtises comme ça. Des trucs cons. Pour faire genre. A quoi bon. La bulle finit par disparaître, ne laisse qu'un résidus las et vaguement peiné. Elle relève la tête. Elle le regarde une dernière fois. En s'disant que dommage, ça aurait pu se finir joliment.,
-Tu devrais y aller. Avec un peu de chance, les autres t'attendent encore, elle fait, tout bas. Faudrait pas qu'en plus il l'entende, la confusion dans sa voix. Et dans l'mot, elle retient surtout « con ».
Mais si la bouche dit pars, les yeux crient reste. Reste encore.

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rien. derien. rien de rien. (keaton)

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