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 t'es beau comme un camion. (solal)

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MessageSujet: t'es beau comme un camion. (solal)   Mer 11 Fév - 20:20

tu planes tellement que t'as l'impression d'avoir des ailes scotchées à tes baskets. t'as même plus la sensation de tes pieds qui touchent le sol. t'as des étoiles dans la tête et dans les yeux. des milliers de comètes qui brillent encore et encore. à ta droite y'a les rails du métro. et toi t'es en équilibre, un pied sur le quai et un pied dans l'vide. ton joint est coincé entre tes lèvres, t'as une bouteille de vodka dans la main droite. ce soir t'es défoncé, ce soir t'es dépravé. tu manques de te retrouver la face contre les rails, mais tu sens des mains qui t'attrapent au tout dernier moment. tu laisses des petites secondes s'écouler puis tu lèves tes yeux bleus vers ton sauveur. d'abord tu vois des boucles noires, puis un regard encore plus clair que le tien. un regard qui respire la haine à 300 kilomètres, un regard que tu connais si bien. tu souris et tu passes tes doigts dans les boucles de Solal. t'es beau comme un camion toi.

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vos cartes postales font des toncars, à chacun ses voyages, moi j'me rends souvent au milieu d'un gros nuage.
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MessageSujet: Re: t'es beau comme un camion. (solal)   Mer 11 Fév - 23:02


    Et les murs qui tremblent sous les basses. Torrents déchainés de son, de sueur, et masses de chair qui se pressent, s’enlacent, les épidermes électriques. Entre tes lèvres boudeuses, le joint se consume au rythme du balancement de tes hanches quand tu fends la foule, et tes boucles brunes qui dansent autour de ton visage, et tes doigts qui trainent sur les peaux qui s’offrent. Et cette inconnue qui te bouscule et s’accroche à ton cou, la chaleur de vos corps tendus, t’esquisse un sourire et elle t’embrasse, là, à la commissure des lèvres, et t’as envie de la dévorer. T’as une relation bizarre au sexe Solal, tu l’associes à la faim, au besoin primordial de sentir sur ta langue, d’enfoncer tes dents et déchirer. Pour toi aimer c’est consumer. Et elle est repartie, éphémère, caresse  légère, valse indécente dans l’air. Dans tes poumons, les feus d’artifice de l’herbe qui brule, le pétillement de la musique qui se mêle à la fumée, et l’enchevêtrement des corps. T’as perdu Milo de vue en allant lui chercher un nouveau verre. T’as bu son verre avant de l’avoir retrouvé, aussi. Tu te partages entre colère et divertissement, le poing serré ou les lèvres ourlées. Tu soupçonnes Milo de t’avoir abandonné pour une nana, et tu lui en voudrais même pas. Pourtant avec ta barbe que t’as oubliée de raser, avec tes doigts qui tremblent un peu autour du filtre, et au fond des prunelles l’enfer qui se déchaine, t’avais bien envie d’une soirée avec ton pote, à se rompre le corps, à se briser les os, et rentrer titubant sous les astres ardents. Mais ils t’échappent, ces corps que tu crèves d’aimer, ces putains d’adolescents des quartiers, et tu te retrouves seul avec ta weed, avec la faim comme quand t’étais gamin, la faim du monde, la faim des autres, mais tu pourras jamais te rassasier, t’auras toujours la dalle, les dents qui s’enfoncent dans la pulpe de tes lèvres, alors c’est la rancœur qui s’engouffre dans les pores de ta peau. Ces corps toujours, pressés, endiablés. Les inconnus qui chantent. Les inconnus qui dansent. Les inconnus comme une entité à laquelle tu ne sais pas te mêler. Et puis y a le bord du quai, un peu moins de foule, un peu plus d’air, et tu sais pas si t’as envie de rester, mais soudain il est là ce con, avec son sourire stupide que t’aimes à en mourir, et il est si près de tomber que t’as envie de hurler. Tu pourras jamais le protéger. Un jour Milo il se tuera et toi tu seras pas là. Renversé par un camion, encorné par un escargot, qu’est-ce que t’en sais. Mais un jour tu seras pas là. Et ça te lacère l’âme, de pas pouvoir sauver le monde. T’es paumé Solal. Tu t’es perdu avec une main agrippée à Milo pour pas le laisser tomber.  Tu lui en veux putain, t’es furieux, t’angoisse dès que tu le vois pas, dès qu’ils sont pas là, Rory et lui, et quand tu le retrouves, il est à deux doigts d’y passer. Et putain qu’est-ce qu’il est con. Tellement défoncé que tu peux pas t’empêcher de rire, et ça fait tomber les cendres de ton joint, et ta main se desserre de cet idiot quand t’es sur qu’il est hors de danger. Même ça c’est pas assez. Milo un jour tu vas l’attacher au radiateur, fermer la porte à clé. Ou juste l’assommer. Tu lui tends ton filtre, tu vois bien qu’il a pas les idées claires, mais c’est comme ça, tu l’aimes bien Milo quand il est dans son monde euphorique. T’essayes de parler. T’as du mal bordel. Les mots qui brulent, les sons qui déchirent ta gorge, ça te fait mal, c’est comme si t’allais crever, mais tu finis par y arriver. Comment tu fais pour réussir à m’échapper.  Ça sonne étrange quand ça roule sur ta langue, quand ça franchit tes lèvres. Ça sonne maladroit. T’es pas doué avec les mots. Tu soupires et tu le pousses ton gamin adoré, doucement, vers les inconnus qui se meuvent en pagaille, et tu t’en fous qu’il danse ou qu’il boive ou qu’il ait ce rire stupide, du moment qu’il est un peu à toi, ce moment volé aux cauchemars.
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MessageSujet: Re: t'es beau comme un camion. (solal)   Mer 11 Fév - 23:36

tu t'accroches à lui, un peu comme à une bouée de sauvetage. solal il est spécial, il est sauvage. il est tempête, orage et tout ça. mais c'est aussi le seul qui te connaît vraiment. et toi t'es le seul à le comprendre. t'as grandis avec lui, dans l'même quartier de merde. vous avez passé la même enfance merdique, dans des maisons merdiques. à l'école vous étiez les deux petits pauvres, ceux qui arrivaient avec des pantalons et des chaussures trouées. ceux qui préféraient rester ensemble. Ensemble, vous l'êtes encore, inséparable, jusqu'à la tombe. sans lui t'as l'impression de crever, t'as l'impression que tu vas exploser. t'as vécu sans lui pendant quelques années où t'était coincé derrière des foutus barreaux. quelques années qui t'ont paru aussi longues qu'une vie entière. alors à présent tu le lâches encore moins qu'avant. faut que tu croises son regard au réveil, faut que t'aille à son appart pour t'assurer qu'il à pas clamser dans la nuit. parce que sans lui tu saurais pas comment faire, ce serait plus pareil. t'aurais plus la joie de vivre, t'aurais plus ton putain de sourire collé aux lèvres h24. t'aurais plus les yeux qui pétillent quand tu l'regardes. tes journées seraient noires et tes nuits seraient blanches. et tu te laisserais aller, tu te perdrais à le chercher dans les rues, à le chercher partout et nul part à la fois.
il te traine en sécurité, loin des rails où tu risquerai de te faire écraser. ce serait con comme façon de mourir, ce serait surtout pas très propre. tu te redresses. ton monde tourne tout autour de toi. tu captes des visages, des filles te regardent puis tu retrouves les yeux de Solal, ton seul vrai point de repère. tes pieds sont à peu prêt stable, alors tu te grandis. dans la bataille t'a perdu ton joint, tu fais la moue. il est surement déjà écrasé sous les talons d'une pétasse. alors tu lèves ton bras et tu portes la bouteille de vodka à tes lèvres. heureusement que tu l'a pas lâchée, sinon elle se serait brisée sur le sol. l'alcool te brûle la bouche, la gorge. ça te réchauffe l'estomac et aussi le coeur, un peu. puis Sol te tend son joint, tu l'prends et tu le câle entre tes lèvres. mec, j'pensais que t'étais partit avec une gazelle. tu laisses de la fumée s'échapper tout en parlant. puis tu tangues encore. tu pars rejoindre le mur pour t'y adosser. t'essaye de respirer, de reprendre un peu tes esprits mais t'as plus envie de gerber qu'autre chose. puis j'avais besoin d'air, il faisait trop chaud la d'dans. trop de monde surtout, trop de gens qui se collaient contre toi. trop de musique, trop de tout. t'avais l'impression d'étouffer.

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MessageSujet: Re: t'es beau comme un camion. (solal)   Jeu 12 Fév - 15:21


    Sons et lumières, les univers qui implosent, bout de comètes le long des murs, et le crépitement dans l’air des corps qui s’effleurent. L’odeur de sueur, l’épiderme moite. Une fille trébuche en riant, ses doigts qui accrochent le t-shirt de son voisin, et les prunelles qui crépitent en se croisant. Et pus Milo, avec son visage tout blanc, Milo qui tangue et l’impact doux du mur, le réconfort. Tu l’observes sans rien dire, ça t’écorche de formuler tes idées. Silence farouche inaperçu dans les cris de la masse. Tu fumes avec ces yeux délavés, ceux que tu traines sur les visages qui t’entourent, sur Milo qui se détruit l’œsophage, sur le goulot de la bouteille que tu lui empruntes parce que tu voudrais bien aussi te retourner le cœur. Perdre pieds et oublier. Oublier les cauchemars, ceux où il fait si noir, ceux où t’as faim, tellement faim que tu rêves toute la journée de dévorer tes voisins, et les cauchemars au silence tellement bruyant qu’il te broie l’encéphale. Et les mots de Milo qui te parviennent, comme des bourdons éreintés, t’as envie de les attraper en douceur et les conserver dans un bocal, exposer les mots qui vibrent, les mots des autres, pour pouvoir les faire parler à ta place. Si tu continues, un jour tu parleras même plus. Même pas à Rory, ni à Milo. Et t’es pas sur qu’ils comprendraient, cette absence des mots, même les creux, surtout les importants, les mots qui rassurent et les mots qui blessent. Y en a bien une qui les comprends tes silences, et c’est l’étincelle au bout des doigts. Mais tu veux pas le perdre, ce gamin aux yeux clairs. Tu penches la tête de côté, boit une nouvelle gorgée. Les mots se ruent sur ta langue mais t’arrives pas à ouvrir la bouche pour les laisser s’échapper. Partir avec une nana, alors que c’est votre soirée ? Tu pourrais, tu l’as déjà fait, mais pas ce soir, pas ce soir, ce soir c’est vous deux, entre mecs, entre potes, et c’est pas le bon mot, et tu fais une fixation Solal, arrête d’y penser. Pourtant c’est vrai que c’est pas le bon mot. Milo c’est pas ton pote. Milo c’est un pan de ta vie. Et ça te fout en colère qu’il pense que tu puisses le laisser. Parce que celui qui s’est barré, c’est bien lui. T’es mauvais Solal, tu t’en veux à l’instant où tu le pense. Milo s’est pas barré, il s’est fait arrêter. Prison. Ça sonne aussi moche que ça en a l’air. Ta gueule. Tu peux pas rester muet, non plus. Tu glisses tes doigts sur son front, et c’est vrai qu’il est bouillant ce con, et les corps qui se pressent autour de vous, les danseurs, les fêtards qui dansent à s’en rompre les os, ta main sur l’épaule de Milo. « Viens prendre l’air deux secondes. » Putain Solal, ta voix, c’est comme si t’avais bouffé un seau de rochers. Tu le tire vers les escaliers, là où il y a un peu moins de danseurs, là où il risque pas de chuter vers une mort certaine, et tu le forces à s’asseoir. Tu peux pas t’empêcher de sourire du bout des lèvres, à le voir respirer comme une poupée désarticulée. « La prochaine fois que je te propose une soirée, pour toi ça sera chocolat chaud et dessins animés. » Mais ouais. Chaque fois c’est la même chose, tu t’inquiètes, tu t’en veux de le voir un peu tanguer, mais tu peux pas t’en empêcher, y retourner, et même quand il est mal, tu pousses jusqu’à le voir s’écrouler. Et tu recommences ton cercle vicieux de culpabilité. Pourtant, tu lui rends sa bouteille, avec le sourire éclatant, celui des gens qui ont Jésus en eux, mais t’es un menteur Solal, le seul qui vit en toi c’est Lucifer. Mais y a ton reflet quelque part dans les traits de Milo, et secrètement tu veux le voir se révéler.
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MessageSujet: Re: t'es beau comme un camion. (solal)   Jeu 12 Fév - 23:52

les rires et les voix des gens sont comme des couteaux lancés en l'air. comme des couteaux qui viennent tout droit se planter dans ta tête. t'es pas bien. tu soupçonnes que quelqu'un ait mis un truc dans ton verre, parce que en temps normal t'es pas comme ça, t'es pas dans cet état. Solal l'as remarqué, sa main sur son épaule, il te conduit un peu plus loin, là ou il y a de l'air frais. tu t'assois sur une marche et pendant un temps tu restes là sans bouger, tenant ta tête entre tes mains. l'air se renouvelle dans tes poumons, tu respires presque correctement. t'as l'impression d'avoir le cœur aux bords des lèvres, t'as l'impression que dans une minute à l'autre, tu vas gerber tout ces putains de sentiments que tu te bornes à refouler. écoute toi, tu parles comme un vieux. ta voix se brise sur le dernier mot. bordel, faudrait que tu prennes quelques jours de repos. quelques jours sans alcool, sans drogue, sans toutes ces conneries que t'as l'habitude de faire. mais tu ne penses pas en être capable, t'es qu'un putain de junkie qui se détruit petit à petit. et le pire c'est que t'entraînes les autres avec toi. t'es certain que dans quelques années il ne restera plus rien de vous, de rory, de solal, de toi. il ne restera que des os, que de la foutue poussière. tu tends le bras à la recherche de la bouteille de vodka. tu t'obstines à boire. c'est tellement facile de se bourrer la gueule que d'affronter la réalité. tellement plus simple de vivre dans sa bulle que d'ouvrir les yeux sur ce que tu es devenu. passe moi la bouteille. l'alcool coule une fois de plus dans ta gorge. t'as absorbé tellement de substances que tu te demande comment tu fais pour être encore en vie, pour être encore debout. debout sur un tas de déchets qui s'empilent peu à peu sous tes pieds. t'en a marre d'avoir le cul posé sur ce foutu escalier, t'en a marre de rien faire. t'as toujours besoin d'être en action, faut que ton esprit soit occupé sinon tu pètes vite un câble. tu regardes Solal puis les alentours. les gens se pressent pour rentrer chez eux. y'a même une nana qui vide ses tripes un peu plus loin. tu fais la grimace. toi, t'as pas vraiment de chez toi, personne ne t'attends. tu m'roules un joint ? mes mains tremblent. tu sors ton pochon de beuh et tu lui tends. toi t'as plus la force de rien. tu serres les poings, foutue drogue.

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